2013-2014 Seminar Series

Each academic year, the various projets de recherche with IDEA hold seminars relevant to their interdisciplinary projects. While the themes of these seminars change, they represent the main research thrusts of the team on the whole.

For the academic year 2013-2014, IDEA offered the following lectures as part of its “Seminar Series.”

Tuesday, 3 December 2013
18:00 – 20:00, room J 09
“Le journalisme littéraire et la guerre”“Deux écrivains-journalistes belges dans la guerre d’Espagne: Mathieu Corman et Charles d’Ydewalle”

Paul Aron,
Université Libre de Bruxelles

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Journalism of attachement ? La Guerre d’Espagne vue par Gellhorn, Viollis, Taro”

Isabelle Meuret,
Université Libre de Bruxelles

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En 1936, Mathieu Corman se rend en Espagne pour participer à la lutte républicaine. Durant les premiers mois, il combat aux côtés des anarchistes de la colonne Durruti, et il revient en Belgique en décembre 1936 pour rédiger un témoignage sur les événements. Il repart quelques semaines plus tard, en tant qu’envoyé spécial du quotidien “Ce Soir” et de l’Agence España. Les deux premiers chapitres de « Salud Camarada ! » ont partiellement paru dans l’hebdomadaire “Le Rouge et le noir” de Pierre Fontaine les 13 janvier, 3 février et 14 avril 1937. Le dernier chapitre est, lui, construit à partir des correspondances adressées par l’auteur au quotidien français “Ce Soir” entre le 24 avril et le 10 mai 1937. Ils ont été revus et organisés avant leur impression le 28 juin 1937, à compte d’auteur, aux éditions Tribord. En 1941, le journaliste catholique Charles d’Ydewalle prend le chemin de Londres. Il a pour mission de rendre compte de l’état d’esprit du pays occupé auprès des autorités belges en exil. À la frontière espagnole, il est arrêté et détenu pendant trois mois à la Carcel modelo de Barcelone. Il est ensuite enfermé au camp de Miranda pendant cinq autres mois. Cette expérience est racontée dans “Geôles et Bagnes de Franco”, un ouvrage publié aux Éditions libres de Bruxelles, en 1946. Ces deux récits sont des reportages de première main et ils peuvent être étudiés comme tels. Mais ils sont également des récits littéraires organisés en vue de produire une “image de soi” (un ethos) d’auteur et un “effet de vérité” qui tient compte du contexte et des engagements du reporter autant que de la factualité des événements. C’est cette dimension rhétorique du propos qu’une lecture attentive des textes permet de reconstruire.Andrée Viollis (1870-1950), grand reporter française, s’est illustrée par ses nombreux écrits de guerre pendant plus de trois décennies (1920-1950). Journaliste de premier plan, elle a témoigné à travers ses nombreux reportages des révoltes bolchéviques et indiennes, des conflits en Irlande et en Afghanistan, du colonialisme en Indochine, mais aussi de l’Allemagne nazie, de la Guerre d’Espagne, et de l’Afrique du sud. Viollis écrivit pour La Raison, L’Action, La Fronde, Le Petit Parisien et Vendredi, où sont parus ses reportages sur la Guerre d’Espagne. « L’écriture était son arme contre la cruauté », écrit Jeandel. Martha Gellhorn (1908-1998) se destinait à être écrivain, mais elle devint correspondante de guerre pour le journal américain Collier’s durant la Guerre Civile d’Espagne en 1937-1938. Antifasciste, soutenant la cause des Républicains, elle doutait de sa capacité à rendre compte de la guerre de son point de vue de femme, car trop éloignée du front. Son style passionné et indigné, son sens aigu de l’observation et le recours à diverses techniques littéraires, caractérisaient son journalisme, dont l’objectif était de rapporter les effets de la guerre sur les gens. Gerda Taro (1910-1937) était photographe, et perdit la vie durant la Guerre d’Espagne, alors qu’elle couvrait le conflit, « embarquée » comme journaliste. Moins connue que son compagnon Robert Capa, elle fut notamment révélée par la « valise mexicaine » retrouvée en 2007, qui contenait bon nombre de négatifs et nous livre ainsi une œuvre de reporter exceptionnel. Elle fut la première femme reporter photographe morte au front de la guerre. Son engagement pour la cause républicaine était total. Juive, elle combattait le fascisme avec détermination.Ces trois reporters – française, américaine, allemande – ont innové dans la manière de faire du reportage de guerre, en utilisant un journalisme que l’on qualifie trop souvent d’émotionnel. Chacune a témoigné de la guerre, à travers des textes politiques, du journalisme de terrain, ou des photos prises sur le vif, toujours au plus près du réel. Partant de leur production respective je tenterai de questionner dans quelle mesure l’intensité et l’humanité qu’elles sont parvenues à conférer à leurs témoignages relèvent d’un journalism of attachment, parfois trop réducteur, du fait même de leur condition de femmes.
Tuesday, 17 December 2013

18:00 – 20:00, room A309
“The Collective Zombie”Jennifer Rutherford,
University of South Australia

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Zombies incite forms of identification and pleasures that are moving off the screen and into the street. In zombie parades, groups of people who have entered imaginatively into a fictional form, collectively create a social ritual out of its imaginary constituents. This talk explores the collective ‘we’ of these new publics. Zombies are paradoxical figures. They fuse an embedded traumatic history of slavery and revolution with apocalyptic visions of future freedom. They carry the mnemonic traces of a traumatic past that awaits; a past to which one can always be returned while holding out the promise of future freedom. Fundamentally beyond the law, zombies unleash the fantasy of the freedom of war where ‘we’ are licensed to enjoy murder and to feast on the flesh of others. Zombie festivals create an arena for this fantasy of freedom to be acted out in real space and time. Often parodying the verbal and visual insignia of the political demonstrations of the 20th century, these parades are visible demonstrations of the end point of the political idealism of the twentieth century.
Wednesday, 14 May 201411:00 – 12:30“Reflections on My War: What I Lived in the Falklands, What I Read to Write it and How I Found the Way to Tell My Own Story”

Roberto Herrscher,

Universitat de Barcelona

roberto herrscher

Twenty-four years after I was sent to fight as a conscript in the Falklands war, I found the way to tell my story. And the solution was to leave the costume of the veteran and investigate my own story as a literary journalist. In that trip, I learned that what I needed to tell was the story of others, not me.The Voyages of the Penelope (hard cover and paperback in Spanish by Tusquets, 2007 and 2009, paperback in English by Südpol, 2010) is the story of the people I went to war with. My six comrades, who were as different from me as teenagers can be. It is also the story of the Falkland islanders whose land we invaded. It is the story of the vessel where I spent most of the war.In order to tell that story I had to change and mature, but one of the main things that helped me is the reading, studying and teaching of narrative journalism.

Reading American literary journalists like John Hersey, Michael Herr, Seymour Hersh, Alma Guillermoprieto and Jon Lee Anderson, and also Ryszard Kapuscinski and my young compatriots Daniel Riera and Juan Ayala took me to the other side of the river, to the possibility of finding my theme, my structure and my voice, writing my first book and finally combing back from the war.

I will talk about the reading of narrative non-fiction as a tool not (only) for personal enjoyment and enlightening, for writing papers and thesis and for teaching university courses, but as lighthouses that guide us in the writing of our own stories and books.

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Roberto Herrscher is the director of the Master in Journalism BCN_NY program at the University of Barcelona. He teaches seminars on Reporting Conflicts and Historic Memory for the Academy of the German Public Broadcast DW in Latin America, Europe and Asia, narrative journalism at the Ibero-American New Journalism Foundation (FNPI) in Cartagena, Colombia and the Thomson Foundation (UK), among other institutions. He was a visiting scholar at Ithaca College (US) in 2012.

Herrscher holds degrees in Sociology (University of Buenos Aires) and Environmental Journalism (IIJ-Berlin) and an MSc in Journalism (Columbia University). He is the author of the textbook-essay Periodismo narrativo (2009) and the reportage-travelogue-memoir Los viajes del Penélope (2007), translated into English as The Travels of the Penelope (2010). His narrative journalism has appeared in magazines like Gatopardo (Colombia), Travesías (Mexico), Etiqueta Negra (Perú), Room, Quimera, La Vanguardia, Gentleman, Ajo Blanco and Lateral (Spain), Puentes and Perfil (Argentina).

He is the correspondent of Opera News (USA) in Spain.