Voix et silence dans les arts/Voice(s) and silence in the arts

Colloque international
Voix et silence dans les arts
Jeudi 15 juin – samedi 17 juin 2017
Université de Lorraine, site de Nancy

 

Groupe de recherche IDEA

 (Interdisciplinarité Dans les Études Anglophones EA 2338) et

Groupe de recherche ERIBIA

(Équipe de recherche interdisciplinaire sur la Grande-Bretagne, l’Irlande et l’Amérique du nord EA 2610, Caen) en partenariat avec le

Théâtre de la Manufacture – Centre Dramatique National Nancy Lorraine

et

Le CCN-Ballet de Lorraine 

APPEL A COMMUNICATIONS (Scroll down for English version)

L’objet de ce colloque est d’analyser diverses pratiques artistiques – en musique, dans la poésie performative, les arts plastiques et les arts vivants – qui se construisent dans l’espace où l’art fusionne la voix et le silence, le dire et le taire, l’expression et l’omission volontaire de la parole. Voix et silence se déclinent en fonction du médium, du dispositif, des lieux de production et de réception. Dans son acception physiologique, la voix est une émission sonore produite par la vibration des cordes vocales au moment de l’expiration. Elle est donc à la fois mode de transmission du souffle, support de la parole et médium des émotions, et elle est indissociable du sujet et de la subjectivité.

La voix, dit Henri Meschonnic, est « l’intime extérieur », et son grain est propre à chacun. Parallèlement, le silence, notion tout aussi complexe, ne se limite pas à l’absence de paroles ou de sons. Par sa nature même, le tableau est silencieux et on ne peut en parler que de manière métaphorique. En musique, John Cage l’a bien souligné, le silence absolu n’existe pas car nous sommes immergés dans un bruissement constant. Au théâtre, voix et silence sont indissociables car la matière théâtrale est faite d’un entremêlement de voix, de paroles, de gestes, de regards, de silences, de souffle… Dans les poèmes improvisés de David Antin, la voix hybride et le langage du corps sont à l’origine du processus créatif, comme le sont le souffle et les pauses silencieuses dans la poésie de Gary Snyder. Quant au cinéma, sa puissance et la fascination qu’il opère, sont en grande partie liées aux procédés formels et aux diverses configurations que prennent la voix et le silence dans le jeu avec l’image.

Ce colloque vise à dépasser les études, nombreuses, de la voix, d’une part, et du silence, d’autre part, pour se concentrer sur l’entrelacs des deux notions, les glissements, les résonances et les contacts de l’une à l’autre.

Suggestions de pistes à explorer (liste non exhaustive)

  • Dans sa dimension matérielle, quelle est l’articulation du matériau voix-silence ? On pourra étudier le rapport voix-silence et rythme ; voix-silence et souffle.
  • Que dire des voix enregistrées qui s’ajoutent au dispositif plastique, scénique, cinématographique ; des voix dissimulées dans les installations multimédia ?
  • Quels sont les procédés formels mis en œuvre par le peintre pour donner à voir et à entendre la voix et le silence ? Dans les productions contemporaines, comment l’artiste performeur se sert-il/elle de sa voix et comment sont répartis les moments de silence ?
  • Dans l’art du conte, comment les silences et la voix se conjuguent-ils et dialoguent-ils entre eux pour créer une esthétique spécifique à cet art oral ?
  • Au théâtre, dans la performance et dans les arts vivants, en quoi le langage du corps de l’acteur, du poète, du performeur, du chorégraphe contribue-t-il à susciter des effets de présence ? Dans le domaine plus spécifique de la mise en scène, comment traduire les jeux langagiers et le silence d’une langue à une autre ? Comment signifier la voix et le silence à travers la scénographie, la lumière et les jeux d’ombre, l’interaction de divers outils médiatiques ?
  • Au cinéma, on pourra étudier certains procédés filmiques (de montage ou de mixage, par exemple) qui produisent des jeux de liaisons voix-silence-corps et des effets spéciaux propres à ce médium et à ses genres. On pourra, par exemple, s’intéresser au cinéma muet et aux films hybrides qui précédent l’avènement du parlant, et s’interroger sur ce contact paradoxal, lorsque dans l’espace silencieux de l’image animée, la voix désire se faire entendre.
  • Lorsque le danseur intervient dans l’espace, en quoi les ruptures de ses gestes et son souffle favorisent-elles l’écoute du corps ?
  • En musique, comment s’articule la dialectique voix-silence dans le processus compositionnel ? Comment le silence de la partition est-il traduit, perçu et interprété par les différents musiciens ? A l’opéra, par exemple, quelle est la nature de l’échange entre chanteurs, musiciens et chef d’orchestre, cet acteur dont la voix condamnée à être silencieuse est « mimée analogiquement » par le geste de sa main qui se déploie dans l’espace (Sémir Badir, Herman Parret) ?
  • Quel est l’impact sur l’écoute de l’auditeur de ce moment où s’engouffre le silence, cet interstice qui sépare le temps de l’écoute de celui des applaudissements ?

Le colloque « Voix et silence dans les arts » s’inscrit dans le cadre d’un projet quinquennal mené au sein du groupe de recherche IDEA (Interdisciplinarité Dans les Études Anglophones). Il est issu d’une collaboration entre les groupes de recherche IDEA et ERIBIA en partenariat avec le Théâtre de la Manufacture – Centre Dramatique National Nancy Lorraine et le CCN-Ballet de Lorraine. Pluri- et interdisciplinaire, il s’adresse à des chercheurs, des théoriciens et des praticiens (musiciens, metteurs en scène, acteurs, chorégraphes, scénographes, conteurs…), en France et au-delà. Outre les communications, des mises en pratique de la voix et du silence seront organisées et accompagnées de débats et tables-rondes.

Les propositions de communication (titre, résumé de 250-300 mots, avec une courte biobibliographie) en anglais ou en français sont à envoyer avant le 1er octobre 2016 à Claudine Armand, Gilles Marseille, Gilles Couderc et Marcin Stawiarski.

claudine.armand@univ-lorraine.fr
gilles.marseille@univ-lorraine.fr
gilles.couderc@unicaen.fr
marcin.stawiarski@unicaen.fr

La durée des communications ne dépassera pas 20 minutes.

 Conférenciers invités

Philippe Claudel (sous réserve), (écrivain, cinéaste et dramaturge)
Stephen Langridge (metteur en scène, directeur artistique de l’Opéra de Göteborg, Suède)
Bárbara Rodríguez Muñoz (commissaire, Wellcome Collection, Londres)
Estelle Pietrzyk (conservatrice en Chef du Patrimoine, directrice du Musée d’Art Moderne et Contemporain de Strasbourg)
Othello Vilgard (metteur en scène)

 Réalisateur et artistes invités

Performance de James Luna (artiste amérindien, La Jolla Reservation, San Diego, Californie
Film Le Complexe de la Salamandre de Stéphane Manchematin et Serge Steyer. En présence de Stéphane Manchematin

Comité d’organisation

Claudine Armand (UL– site de Nancy)
Gilles Couderc (Université de Caen-Normandie)
Pierre Degott (UL – site de Metz)
Jean-Philippe Heberlé (UL – site de Metz)
Yannick Hoffert (UL – site de Nancy)
Anita Jorge (UL – site de Nancy)
Emilie Kieffer (CCN-Ballet de Lorraine)
Lucie Kempf (UL – site de Nancy)
Jean-Marie Lecomte (UL– site de Nancy)
Gilles Marseille (UL – site de Nancy)
Emilie Rossignol (Théâtre de la Manufacture, Nancy)
Marcin Stawiarski  (Université de Caen-Normandie)

Comité scientifique 

Claudine Armand (Littérature et art américain, interface texte/image, UL – site de Nancy)
Johan Callens (Théâtre, performances, Vrije Universiteit Brussel)
Gilles Couderc (Texte et musique XIXe-XXe, Université de Caen-Normandie)
Pierre Degott (Musique XVIIe-XVIIIe, UL – site de Metz)
Claudia Desblaches (Littérature américaine, Université de Rennes 2)
Jean-Philippe Heberlé (Texte et musique XXe-XXIe, UL – site de Metz)
Yannick Hoffert (Théâtre et littérature française du XXème, UL – site de Nancy)
Lucie Kempf (Théâtre XXe-XXIe, UL – site de Nancy)
Jean-Marie Lecomte (Cinéma américain, UL – site de Nancy)
Gilles Marseille (Histoire de l’art, période contemporaine, UL – site de Nancy)
Marcin Stawiarski  (Littérature et musique, Université de Caen-Normandie)
Melvyn Stokes (Etudes filmiques, University College London)
Grégoire Tosser (Arts-Musique, Université d’Evry-Val-d’Essonne)
Patrick Van Rossem (Histoire de l’art, art contemporain, Université d’Utrecht)
Denis Vermaelen (Musicologie, Université François Rabelais –Tours)

Voice(s) and Silence in the Arts

The objective of this conference is to look into various artistic experiences — in music, in performance poetry, in visual arts and the performing arts — that are built in the space where art produces a fusion of voice and silence, of what is said and what is withheld, of speech and its deliberate omission. Voice and silence take different forms depending on the medium, the physical set-up, the places of production and reception. The physiological definition of voice is the emission of sounds produced by the vibration of the vocal chords at the moment of exhaling. It is thus not only a means of transmitting breath, but also the physical embodiment of speech and the medium of transmission of the emotions; furthermore, it cannot be dissociated from the notion of a speaking subject and subjectivity. The voice, according to Henri Meschonnic, is “the intimate exterior,” and its texture is specific to each person. In the same way, silence, a notion which is equally complex, is not simply the absence of speech or sound. By its very nature, a painting is silent and its meaning can only be verbalised metaphorically. As far as music is concerned, as John Cage pointed out, absolute silence does not exist, for we are immersed in a ceaseless hum. In the theatre, voice and silence cannot be separated, for the theatrical experience is composed of an intermingling of voices, words, gestures, glances, silences, breathing…. In the improvised poems of David Antin, the hybrid voice and body language are at the origin of the creative process, and so are breathing and the silent pauses in Gary Snyder’s poems. As for the cinema, its power and the fascination it exerts are for the most part linked to the formal processes and the various configurations of the interactions of voices, silence, and images.

This conference aims to put into perspective the numerous studies devoted both to voices and to silence. Its objective is to focus on the way in which concepts might interact, on the shifts, contacts and echoes between one another.

Submissions may examine, but are not limited to the following questions:

  • As a physical mechanism, what is the connection between the voice and silence as pure materiality? The link between voice-silence and rhythm deserves being looked into.
  • What about the recorded voices included in musical performances, plastic arts, stage productions, and films, or the hidden voices in multimedia installations?
  • What formal devices do painters use for voices and silence to be heard and seen? In contemporary productions, what use do performing artists make of their voices and how do they distribute their silent pauses?
  • In tales/storytelling, how do voices and silence combine and converse to create the estheticism typical of oral traditions?
  • In drama, in the performing and living arts, how does the body language of the actor, the poet, the performer, and the choreographer contribute to creating a presence? In the more specific field of stage directions, how does one go about translating the interplay of language and silence translated from one language to the other? How are voices and silence indicated through scenography, the interaction of shadows and lights, and that of various multimedia devices?
  • In the cinema, some film techniques are worth analyzing, like cutting and mixing, for example. They provide voice-silence-body links and the special effects specific to that medium and its many genres. Silent movies and hybrid ones, those which preceded the advent of the talkies, may also be examined, as well as that paradoxical contact when, within the silent space of animated images, voices attempt to make themselves heard?
  • When dancers perform, to what extent do the breaks and ruptures in their gestures and the language of their breathing make listening to their bodies easier?
  • In music, how does the dialectic between voices and silence work out in the process of composition? How are the silences in the score perceived, translated and interpreted by the instrumentalists? In opera, for example, what does the exchange between singers, instrumentalists and the conductor consist of? The conductor is an actor whose voice is condemned to remain silent but is “mimed analogically” with the moves of his hands through space (Sémir Badir, Herman Parret)
  • What is the impact on the listener’s reception of the very moment when silence takes over within the interstices between music and applause?

“Voice(s) and Silence in the Arts” is part of five-year project organized within the IDEA research group. It results from the collaboration between the IDEA and ERIBIA research groups in partnership with the Théâtre de la Manufacture – Centre Dramatique National Nancy Lorraine and the CCN-Ballet de Lorraine. It welcomes theoreticians as wells as performers (musicians, producers, actors, choreographers, stage designers, storytellers…) in France and from abroad. Besides the presentation of papers, workshop performances of voice(s) and silence will be organized, along with debates and round tables.

Proposals including a title, a 250-300-word abstract with a short bio-bibliography in English or French are to be sent to Claudine Armand, Gilles Marseille, Gilles Couderc and Marcin Stawiarski by October 1st 2016.

claudine.armand@univ-lorraine.fr
gilles.marseille@univ-lorraine.fr
gilles.couderc@unicaen.fr
marcin.stawiarski@unicaen.fr

Paper presentations should not exceed 20 minutes.

 Keynote speakers

Philippe Claudel (to be confirmed), (writer, film director, and playwright)
Stephen Langridge (stage director and artistic director of The Göteborg Opera, Sweden)
Bárbara Rodríguez Muñoz (curator, Wellcome Collection, London)
Estelle Pietrzyk (curator of the Strasbourg Museum of Modern and Contemporary Art)
Othello Vilgard (stage director)

Invited film director and artists

Performance by James Luna (Native American artist, La Jolla Reservation, San Diego, California)
Film Le Complexe de la Salamandre by Stéphane Manchematin and Serge Steyer, in film director Stéphane Manchematin’s presence

 Organizing committee

Claudine Armand (UL – Nancy campus)
Gilles Couderc (Université de Caen-Normandie)
Pierre Degott (UL – Metz campus)
Jean-Philippe Heberlé (UL– Metz campus)
Yannick Hoffert (UL – Nancy campus)
Anita Jorge (UL – Nancy campus)
Lucie Kempf (UL – Nancy campus)
Jean-Marie Lecomte (UL – Nancy campus)
Gilles Marseille (UL – Nancy campus)
Emilie Rossignol (Théâtre de la Manufacture, Nancy)
Marcin Stawiarski  (Université de Caen-Normandie)

 Scientific committee

Claudine Armand (Literature and American art, text /image, Université de Lorraine – Nancy campus)
Johan Callens (Theatre, performing arts, Vrije Universiteit Brussel)
Gilles Couderc (19th-20th century text and music, Université de Caen-Normandie)
Pierre Degott (17th-18th century music, UL – Metz campus)
Claudia Desblaches (American Literature, Université de Rennes 2)
Jean-Philippe Heberlé (20th-21st century text and music, UL – Metz campus)
Yannick Hoffert (Theatre and 20th century French Literature, UL – Nancy campus)
Lucie Kempf (20th-21st century theatre, UL – Nancy campus)
Jean-Marie Lecomte (American cinema, UL – Nancy campus)
Gilles Marseille (Art history, contemporary art, UL –  Nancy campus)
Marcin Stawiarski (Music and literature, Université de Caen-Normandie)
Melvyn Stokes (Film Studies, University College London)
Grégoire Tosser (Art and music, Université d’Evry-Val-d’Essonne)
Patrick Van Rossem (Art history, contemporary art, Utrecht University)
Denis Vermaelen (Musicology, Université François Rabelais –Tours)

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