Haendel après Haendel, 2012

handel poster

Voir le programme du colloque :

Le but de ce colloque international a eu en conséquence d’envisager la « résonance », l’influence et la renommée durable de la figure et de l’oeuvre de Haendel à la fois de son vivant et au-delà, dans une perspective diachronique et pluridisciplinaire.

Tout au long du XVIIIe siècle, George Frederick Haendel fut la figure musicale majeure en Angleterre. Bien qu’allemand d’origine, Haendel devint bientôt le « compositeur national » officiel. Sa domination inébranlable sur la scène musicale anglaise de l’époque avait de nombreuses facettes : tandis qu’elle peut s’expliquer par le soutien dont il jouissait de la part des élites de la nation tout comme par son habileté commerciale manifeste et le succès qui en résultait, cette domination aboutit à faire de sa manière la référence stylistique absolue à laquelle les autres compositeurs anglais devaient aussi bien se mesurer que se plier.

Sa contribution majeure à la fois comme compositeur d’opéras italiens que comme « fondateur » de l’oratorio anglais, associé à l’image symbolique de l’orgue et à ses prouesses en tant qu’interprète et improvisateur au clavier, fit de lui le prototype du « génie naturel » préromantique. Après son décès, son premier biographe, John Mainwaring (Memoirs of the Life of the Late G. F. Handel, 1760) contribua grandement à la création de cette image qui devait déboucher sur un véritable culte de la figure et de l’oeuvre du compositeur.

Un très grand nombre de publications—livres, articles, poèmes—furent consacrés à Haendel aussi bien de son vivant qu’après sa mort. La vaste Commémoration de Haendel organisée à l’abbaye de Westminster et au Panthéon à Londres en 1784 et suivie de manifestations similaires les années suivantes, présentait Haendel comme l’incarnation même du caractère national en utilisant son oeuvre et son image à des fins de propagande idéologique et patriotique pour célébrer la grandeur de la nation britannique.

Les nombreux festivals organisés en province au cours du XVIIIe siècle, tout comme les grandes manifestations musicales et patriotiques mises en scène dans les immenses édifices municipaux construits au XIXe siècle témoignent du fait que l’influence de Haendel devait durer bien au-delà de sa propre disparition et même après que sa propre musique fut devenue stylistiquement démodée et qu’on eut cessé d’interpréter ses oeuvres sous leur forme originelle. Le colloque avait reçu l’appui des centres ICD et IDE et des Conseils Scientifiques de l’Université Frnçois Rabelais–Tours et de Lorraine parce qu’il s’inscrivait pleinement dans le cadre interdisciplinaire défini par les deux équipes de recherche. Il pouvait en effet concerner aussi bien des anglicistes, des germanistes et des italianistes que des musicologues, des historiens de la culture et de l’art, des littéraires, ou des spécialistes du cinéma comme des questions de « genre », etc. Parmi les communications entendues, certaine ont porté sur des questions d’historiographie de Haendel en Angleterre et en Allemagne, d’autres sur les adaptations musicales, sur les modifications du répertoire haendélien, d’autres encore sur les questions de la voix de castrat et de contre-ténor, posant la question des qualifications sexuelles des rôles, d’autres enfin sur les productions et mises en scène ou utilisations filmiques de la musique de Haendel.

Le colloque a regroupé aussi bien des musicologues que des historiens de la culture anglicistes et germanistes et des spécialistes de « gender studies », des arts de la scène et de l’écran, ou des théories narratives et épistémologiques.

Ce colloque a atteint ses objectifs, puisque les questions d’autorité aussi bien que celles de discours et de genre ont été également abordées. La présence parmi les participants de collègues étrangers qui font autorité dans le domaine des études haendéliennes (Michael Burden, Donald Burrows, Annette Landgraf, Brian Robins), d’ailleurs enchantés par le colloque, a été un gage important de sa pertinence.

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