Linguistique et Traductologie : Les Enjeux d’une Relation Complexe, 2013

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COLLOQUE INTERNATIONAL

Linguistique et Traductologie : les enjeux d’une relation complexe

18-19 octobre 2013 à Nancy

Le rapport entre linguistique et traductologie, dont G. Mounin à l’époque du structuralisme avait montré le caractère Colloque_LinguistiqueTraductologie_2013_Vignetteproblématique, paraît aujourd’hui encore une question épistémologique de première importance. Que ce rapport soit envisagé dans le cadre d’une juxtaposition des disciplines où l’une apporterait à l’autre ses outils ou sa justification (cf. M. Ballard et A. El Kaladi[1]) ou bien comme un parcours, comme si l’une conduisait à l’autre (cf. T. Milliaressi[2]), il n’en reste pas moins sujet à débat. L’évolution de la recherche, sous l’effet d’une technicisation des outils d’investigation des phénomènes langagiers, rend en effet ce débat nécessaire.

Partant du principe que linguistique et traductologie sont des disciplines séparées et autonomes, force est de constater cependant qu’elles ont partie liée. Qu’on le veuille ou non, la traduction est fondamentalement une opération langagière qui intéresse le linguiste à plusieurs égards :

–          soit comme « dispositif de recherche en linguistique » (Ladmiral, 2000 : 6[3]) délimitant le domaine de la linguistique contrastive,

–          soit comme une modalité de l’énonciation posant la traduction dans sa relation à un « dire » et à un « dit », et à une situation d’énonciation particulière,

–          soit encore comme une pratique débordant la langue pour interroger le langage (« l’activité langagière n’est pas prisonnière des langues, qui sans doute la conditionnent dans leur diversité mais qui ne la limitent pas »[4])

Le traductologue en tout cas, quel que soit son domaine d’ancrage (linguistique de corpus, littérature, philosophie, stylistique, etc.) ne peut guère faire l’impasse sur la linguistique et ses apports, (trop) souvent considérés comme restrictifs pour le vaste champ interculturel de la traduction.

Ce sont donc les implications théoriques et épistémologiques de cette relation, parfois conflictuelle, parfois heureuse, que ce colloque se propose de problématiser et de renouveler.

Ainsi pourra-t-on examiner entre autres :

–          la délimitation respective des champs de la linguistique contrastive et de la traductologie

–          le cousinage ou les chevauchements des discours de la traductologie et ceux de la linguistique ; on pourra aussi explorer et analyser les discours sur la linguistique et sur la traduction

–          la traduction comme activité langagière et la possibilité pour la théorisation linguistique d’intégrer l’interprétation des phénomènes langagiers

–          l’apport de la linguistique outillée à la recherche en traduction tant sur le plan théorique que pratique (exploration de corpus, constitution de mémoires de traduction, etc.)

–          l’articulation de la théorisation en traductologie à la pratique de la traduction

Ces pistes, non limitatives, seront principalement explorées dans le cadre d’une comparaison anglais-français, français-anglais. D’autres approches comparatives avec d’autres langues pourront être proposées, l’une des deux langues devant être obligatoirement l’anglais.

 

Comité d’organisation :

Catherine Delesse (Université de Lorraine-Nancy)

Yvon Keromnes (Université de Lorraine-Metz)

Catherine Chauvin (Université de Lorraine-Nancy)

Alex Boulton (Université de Lorraine-Nancy)

Comité scientifique :

Kate Beeching (University of the West of England, Bristol)

Maryvonne Boisseau (Université de Strasbourg, LilPa EA 1339)

Alex Boulton (Université de Lorraine/CNRS, ATILF UMR 7118)

Françoise Canon-Roger (Université de Reims Champagne-Ardenne, CIRLEP EA 4299)

Agnès Celle (Université Paris Diderot, CLILLAC-ARP EA 3967)

Catherine Chauvin (Université de Lorraine, IDEA EA 2338)

Hélène Chuquet (Université de Poitiers, FORELL EA 3816)

Catherine Delesse (Université de Lorraine, IDEA EA 2338)

Isabelle Gaudy-Campbell (Université de Lorraine, IDEA EA 2338)

Lance Hewson (Faculté de traduction et d’interprétation, Université de Genève)

Yvon Keromnes (Université de Lorraine/CNRS, ATILF UMR 7118)

Natalie Kübler (Université Paris Diderot, CLILLAC-ARP EA 3967)

Kirsten Malmkjær (The University of Leicester, Research Centre for Translation and Interpreting Studies)

Tatiana Milliaressi (Université Charles de Gaulle Lille 3/CNRS, UMR 8163 STL)

Myriam Salama-Carr (University of Salford)

Åke Viberg (Uppsala Universitet)


[1] Ballard, Michel & El Kaladi, Ahmed, (éds.), Traductologie, linguistique et traduction, Arras, APU, 2000.

[2] Milliaressi, Tatiana (éd.), De la linguistique à la traductologie, Lille, PU du Septentrion, 2011.

[3] Ladmiral, Jean-René, « Sur le discours méta-traductif de la traductologie », in Meta 55, n°1, mars 2010, 4-14.

[4] de Vogüé, Sarah, 2005, « Invariance culiolienne » in Ducard, D. et C. Normand, Antoine Culioli, un homme dans le langage, Paris, Ophrys, 2005, 302-331, p.308.

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