Oralité

Le projet Oralité a commencé à fédérer des synergies (enseignement niveau M et recherche) dans le cadre de l’axe linguistique/traductologie, selon la problématique de l’oralité comme enjeu de la traduction. Y Keromnes (ATILF) et I Gaudy-Campbell ont proposé aux étudiants de L3, M1 et M2 de bénéficier d’ateliers et animations autour du colloque Koltes organisé sur le site de Metz les  18 et 19 octobre 2012 http://biennale-koltes.fr/.

En amont du spectacle The Night Just Before The Forests, les étudiants ont bénéficié de 4 heures de séminaire pendant lesquels ils étaient invités à réfléchir à la traduction de la première et dernière page du texte source. Ceci s’accompagnait d’une réflexion, sur le texte traduit, de le teneur orale du document. Les temps forts des séminaires ont pu être mis en perspective lors d’une rencontre avec le traducteur (le 18 à 15H00). Amin Erfani a répondu volontiers aux étudiants après avoir présenté ses motivations, techniques et doutes de traducteur. Le vendredi 19, les étudiants intéressés furent conviés à rencontrer le comédien.

Début 2013, le colloque « Variation, invariant, variété » s’est tenu les 22 et 23 Mars. I. Gaudy-Campbell, IDEA et Y. Keromnes (Co-organisateur, ATILF) ont hébergé à Metz le congrès annuel des Linguistes du Grand Est (Strasbourg, Metz, Besançon, Genève). Etaient au cœur des préoccupations les enjeux terminologiques en ce qui concerne la traductologie, la sociolinguistique, la sémiostylistique mais aussi la syntaxe, la sémantique et la phonologie.  Plus d’un tiers du colloque a été consacré à des communications apportant des regards croisés sur l’incidence de l’oral dans le champ théorique de la variation. Les propos d’ouverture de Bernard Laks, professeur à l’IUF, avaient problématisé l’existence de la variation et anticipé des communications assez théoriques tout en ouvrant la voie au champ de la phonologie. Ruth Huarth, angliciste spécialiste de l’oral (retraitée de Paris VII)  a montré à quel point la variation était centrale dans l’appréhension des corpus oraux. Elle fut suivie de communications rendant compte de questionnements sur l’analyse de l’oral (considérations sur la norme, sur les opérateurs propres à l’oral, sur la reformulation et les variations d’ordre prosodique). Une publication des travaux est actuellement en cours auprès des Presses Universitaires de Franche-Comté. Cette rencontre fut supervisée par le comité scientifique du Réseau des Linguistes du Grand Est présent en amont de la rédaction du volume qui est actuellement en cours aux Presses Universitaires de Franche-Comté. Elle a également fédéré divers forces, attirant les collègues linguistes francisant du CREM (Axe Praxitexte, ancien CELTED). Etaient également présents les étudiants de Master ayant rédigé des mémoires en linguistique orale et les étudiants de master Recherche qui ont témoigné dans leurs écrits réflexifs d’UE 101 de l’apport théorique que ces journées leur avaient octroyé.

Cet événement fut suivi d’une journée d’étude organisée le 05 avril par I. Gaudy-Campbell et A. Dahak, toutes deux membres d’IDEA et respectivement fondatrice (septembre 2012) et membre active du réseau OSLIA (Oral spontané et linguistique anglaise). Créé en septembre 2012, ce réseau fédère les compétences techniques, méthodologiques et théoriques de divers oralistes d’ancrages institutionnels variés (Université de Lorraine, Paris IV, Paris III, Lille 3, Paris VII, Paris Saint Denis). La rencontre  a été hébergée dans les locaux de Paris VII, sous l’égide de l’ALOES (Association des Linguistes Oralistes de l’Enseignement supérieur). Elle fait suite à 2 autres journées d’étude organisées antérieurement (printemps 2009 et 2011) et  fut l’occasion pour les membres de présenter les  synergies qui existent au sein du réseau en travaillant un corpus commun selon la problématique et le questionnement suivant : « Quels axes croiser pour l’analyse de l’oral spontané ». Un public d’oralistes venus nombreux a montré son intérêt pour les questionnements novateurs soulevés, en participant aux deux tables rondes intitulés « Marqueurs oraux  et positionnement co-énonciatif «  ainsi que « Au croisement des axes ». L’accueil des participants a été financé par le CLILLAC, la contribution d’IDEA étant conservée pour contribuer à la publication des travaux actuellement sollicitée auprès Anglophonia, revue avec comité de lecture. Le réseau continue à se réunir en ateliers selon une périodicité de 6 semaines, mutualisant des formations techniques sur logiciel (PRAAT et WINPITCH), des sélections de corpus et des questionnements ayant pour dessin de toujours mieux cerner les enjeux linguistiques de l’oral.

2013-14

Le projet oralité a pour dessin d’organiser des ateliers courant 2013-14 auxquels seront conviés les membres linguistes de l’équipe, les étudiants de master, les collègues oralistes du CREM. Une première rencontre est prévue le 17 octobre autour d’Anissa Dahak (membre d’IDEA et OSLIA), Isabelle Gaudy-Campbell (membre d’IDEA et Oslia), Héloïse Lechevallier- Parent (membres d’IDEA). Le projet est de relire les recherches propres à chacune pour faire de l’oralité l’axe transversal. Héloïse Lechevallier Parent souhaite interroger/confronter les notions d’oralité et d’écriture comme variations alternatives de l’activité langagière de l’homo scientificus et du spécialiste, comme axe particulier d’une tentative plus générale de modélisation – très partielle – des pratiques discursives scientifiques, qu’on articulera autour d’un objectif commun, i.e. l’élaboration d’un discours explicatif scientifique et la secondarisation de l’expérience et du savoir. Il s’agira d’une part dans les échanges oraux spontanés d’analyser les marqueurs d’un ancrage dans l’oralité, et donc dans le champ du particulier et de l’expérience, et d’autres part d’examiner dans quelle mesure et par quels moyens l’écriture scientifique s’affranchit de la conjecturalité de sa production, en ayant soin de confronter la/les façon(s) dont l’objet générique est appréhendé, constitué et théorisé. Anissa Dahak se propose d’investir ce même corpus scientifique tout en poursuivant ses travaux sur les marqueurs spécifiques à l’anglais oral spontané. Il s’agira d’allier une double perspective : segmentale d’une part, en particulier la question de la réduction vocalique, et prosodique d’autre part (intonation, rythme). I Gaudy-Campbell souhaite revenir sur ses travaux macro-syntaxiques en mettant en perspective l’intérêt d’une approche suprasegmentale par rapport à une approche segmentale.

Le questionnement de ces ateliers a pour dessein de cerner l’opposition entre un travail au niveau du texte et au niveau du segment isolé. L’opposition micro/ macro sera travaillée et paramétrée. Le projet est de lancer un appel pour un colloque courant 2014-2015 qui sera intitulé : Micro-/macro- : quels enjeux en linguistique anglaise ?

2015-16

Le colloque « Micro-/Macro- : quels enjeux en linguistique anglaise ? » a eu lieu les 9-10 octobre 2015 à l’Université de Lorraine, sur le site de Metz. L’objectif du colloque était de susciter un dialogue entre des spécialistes de l’analyse micro-linguistique avec des spécialistes d’une analyse plus contextualisée et plus large, une macro-linguistique. Le colloque a réuni des chercheurs en linguistique de divers horizons (France, Allemagne, Autriche  et Grande-Bretagne).

Le colloque a débuté par une présentation commune réalisée par trois des organisatrices du colloque : « Corpus didactique scientifique : quels enjeux à l’interface micro-macro ? ». Héloïse Lechevallier-Parent  a rendu compte de la nécessité d’articuler des niveaux d’analyse disparates par l’examen du fonctionnement du pronom de 2ème personne you. Isabelle Gaudy-Campbell a abordé la dimension informationnelle du propos, en analysant les constructions  pseudo-clivées et de leur rôle focalisant, remettant ainsi en cause une approche strictement micro-syntaxique du phénomène. Vasilica Le Floch a étudié la manière dont la cohésion discursive (en tant que macro-structuration) détermine les unités de la structure sémantique, pragmatique et argumentative. Les participants ont présenté des approches d’analyse variées, tout en mettant en relation les deux niveaux d’analyse, micro- et macro-, à l’intérieur de la phrase, ainsi qu’aux frontières de celle-ci, au niveau de la structuration du discours. Le conférencier invité, Gunther Kaltenböck (Université de Vienne) a proposé une approche originale des différents niveaux d’analyse linguistique, en distinguant deux grammaires : Sentence Grammar – Thetical Grammar.

La table ronde fut l’occasion de mettre en perspective les différentes approches des phénomènes langagiers exposées pendant le colloque, de questionner les niveaux de grammaticalisation, ainsi que de s’interroger à nouveau, de façon plus générale, sur les relations entre fonction grammaticale, position et sémantisme des marqueurs.

Les communications présentées lors du colloque “Micro-/macro- : quels enjeux en linguistique anglaise?” seront publiées dans Modèles Linguistiques, tome XXXVII, vol. 73, 2016.

Le colloque a été organisé par IDEA (projet oralité : A. Dahak, I. Gaudy-Campbell, H. Lechevallier-Parent, V. Le Floch), avec le soutien de ATILF (Analyse et Traitement Informatique de la Langue Française).

2016-17

Le Projet Oralité a vu se concrétiser la publication du volume : Micro-/Macro-syntaxe : la question de l’échelle d’analyse en linguistique anglaise, Modèles Linguistiques, Tome XXXVII, année 2016, fascicule 1, vo.l 73, Editions des Dauphins, Toulon.   Cette revue à comité de lecture devrait être consultable à terme dans https://ml.revues.org/?lang=en.

Les articles rassemblés  se donnent pour la plupart comme point de départ une posture micro-syntaxique, en traitant d’éléments au fonctionnement a priori limité et isolé et qu’on peut catégoriser comme unités de première articulation, aux rangs inférieurs de la proposition : constituants nominaux (pronom personnel de seconde personne you), constituants adverbiaux (but, now), constructions syntagmatiques (syntagme prépositionnel) et syntaxiques (pseudo-clivage). Mais s’il est possible dans un premier temps d’expliquer leur fonctionnement en termes d’ordre séquentiel et/ou de rection, certaines contraintes syntagmatiques et syntaxiques (place, orientation, focalisation), certains problèmes liés à l’interprétation référentielle (volatilité de la référence) ou encore à des rapports sémantiques, et certains phénomènes de liage marqués par des constituants extra-phrastiques (marqueurs du discours comme genre en français, like en anglais et so en allemand) conduisent à envisager l’imbrication des deux ordres de combinatoires que sont la micro-syntaxe et la macro-syntaxe. C’est l’orientation qu’adoptent les différents auteurs au fil de leurs articles. Dès lors, le consensus sur le traitement micro-(localiste) des constituants mentionnés est remis en question : you ne procède plus seulement d’un fonctionnement déictique ou anaphorique mais répond également à un fonctionnement cohésif ; now dépassse le marquage adverbial temporel pour permettre un fonctionnement argumentatif ; but dépasse le niveau argumentatif et cohésif interphrastique pour construire une dimension argumentative sur un plan intersubjectif et finalement réflexif; les énoncés présentant un pseudo-clivage sont moins à appréhender en termes de saillance d’un élément qu’en termes d’articulation des différents temps du discours.

Ainsi, à l’instar de Wilmet (1997, p. 582) selon qui « le texte se présente comme une extrapolation de la phrase », les travaux rassemblés dans ce volume franchissent la frontière de marqueurs syntagmatiquement circonscrits et se proposent d’articuler différentes échelles d’analyse, tant pour l’examen de certains phénomènes langagiers et marqueurs que pour une théorisation de leur niveau d’appréhension. L’analyse micro- s’enrichit de la prise en compte du contexte (écrit, oral, situation pragmatique, perspective énonciative, dimension cognitive). Le changement d’échelle dans l’analyse des constituants met également en évidence leur nécessaire complexité et permet de renouveler notre approche de leur étiquetage et de leur catégorisation.

Le Projet Oralité continue à travailler de concert avec OSLiA qui se réunit toutes les 6 semaines à Censier. Ce projet a été également nourri par des conférences en traduction, notamment : « La traduction : défis et enjeux » (Corinna Anderson et Christine Lécluse-Voirin), « Traduction, sous-titrage et oralité » (Elisabeth Kargl, Université de Nantes), « L’histoire des traductions » (Claire Placial, Université de Lorraine), « Le Multilinguisme en Europe » (Sandrine Kerespars, Commission Européenne). Faisant intervenir des chercheurs et des professionnels de la traduction, ces conférences se proposent de contribuer à la vulgarisation de la recherche et se situent  à l’interface enseignement, recherche et monde professionnel. Les étudiants du Master Traduction (département LEA) et les étudiants du Master Recherche (département d’Anglais) sont invités à ces conférences et participent régulièrement.

A partir de septembre 2017. Il a été convenu que plusieurs ateliers seront organisés, avec la participation ponctuelle de chercheurs invités. Les doctorants et les étudiants du Master recherche (linguistique) seront également conviés à ces ateliers.

 

 

 

Advertisements